VELO CLUB DE CLAMECY UFOLEP
Interview

Marianne Vos : « Il n’y a pas de secret...  »

jeudi 26 janvier 2012 par vcc ufolep

posté par Alexandre Rolin le 25/01/2012 à 19h30


A 24 ans, elle a déjà tout gagné et n’a plus rien à prouver. Seule femme de l’histoire à avoir été championne du monde dans trois disciplines (piste, route, cyclo-cross), Marianne Vos domine outrageuse le monde du cyclisme féminin. Ce dimanche, elle sera aux Mondiaux de cyclo-cross de Coxyde pour ajouter un titre de plus à son imposant palmarès. Lauréate de ses 15 dernières courses, la néerlandaise survole la saison hivernale et on ne voit pas qui pourrait l’empêcher de ravir son cinquième titre dans la spécialité, le quatrième consécutif... Auprès de Cyclism’Actu, Marianne Vos se confie à quelques jours de l’échéance mondiale qu’elle aborde sans la moindre pression. Si le titre ce week-end ne semble qu’une simple formalité, il lui tarde de reconquérir le titre sur route qui lui échappe depuis 2006. Entre cyclo-cross, objectifs et médiatisation du cyclisme féminin, la cannibale des temps modernes nous dit tout, ou presque. Entretien.

A quelques jours des championnats du Monde, dans quel état d’esprit êtes-vous ?

J’ai vécu une saison hivernale vraiment incroyable jusqu’ici. Tout s’est vraiment bien passé et je me sens prête pour les Mondiaux. J’ai hâte, ça va vraiment être une belle course, j’ai un titre à défendre, je serai la grande favorite mais je suis plutôt confiante.

Vous avez écrasé la discipline cet hiver, le titre n’est donc qu’une simple formalité…

C’est vrai que cette saison a été incroyable. Je suis sur une série en course de 15 victoires consécutives ! On peut croire que je suis imbattable, mais ce n’est pas le cas, personne n’est intouchable et en cyclo-cross tout est possible… Je sais que je suis en bonne condition, que les jambes sont bonnes donc je ne peux être qu’en confiance. En tout cas, je suis vraiment ravie d’avoir pu faire honneur comme cela au maillot de champion du Monde.

« Pas plus de pression que les années précédentes »

En tant que tenante du titre et grandissime favorite, aurez-vous plus de pression dimanche pour les Mondiaux ?

Il n’y a pas plus de pression que les années précédentes. Ce n’est pas la première fois que je remets mon titre en jeu et que je me présente en grandissime favorite. C’est une course comme une autre, ça reste du sport, et tout ce que je veux c’est défendre mon titre du mieux possible. Je n’ai pas plus de pression que mes adversaires, je ne me prends pas la tête avec ça. Je suis la grande favorite certes mais je vais faire ma course sans me soucier de ça. De toute façon sur une course d’un jour tout peut arriver…

Vous êtes invaincue cet hiver, mais aurez-vous malgré tout quelques adversaires dimanche ?

Bien sûr, il y aura d’abord ma compatriote Daphny Van den Brand qui vient de gagner la Coupe du Monde et qui répond toujours présente sur les grands rendez-vous. Je vais également me méfier de ma co-équipière chez Rabobank, Katie Compton, qui n’aura rien à perdre. Et enfin, la Tchèque Katerina Nash, qui est capable de tout.

On le sait, la particularité des Mondiaux cette année, c’est qu’ils se disputeront sur le sable. C’est quelque chose que vous aimez ?

J’apprécie beaucoup ce genre de parcours dans le sable, ça rend la course vraiment très dure et très technique. Sur un tel parcours, il n’y a quasiment jamais de surprise et c’est souvent le plus fort qui s’impose. Il faut avoir beaucoup de force pour rester assis sur son vélo le plus longtemps possible et la moindre petite erreur vous oblige à courir. C’est très particulier, il faut faire preuve de beaucoup de concentration mais c’est quelque chose que je maitrise plutôt bien.

« De superbes courses qui valent le coup d’être regardées »

L’année prochaine, on annonce une grosse équipe Rabobank, avec Marianne Vos comme leader, ça promet…

C’est clair ! J’ai vraiment hâte de voir ce que ça va donner, sur le papier en tout cas c’est vrai que ça a fière allure. C’est vraiment une bonne chose pour le cyclisme féminin qu’un sponsor comme Rabobank s’intéresse à nous. C’est une grande organisation et nous avons beaucoup de soutien, c’est très motivant. Je pense que c’est ce qui permettra à chacun de progresser et de tirer le groupe vers le haut. Nous avons un bon mélange de coureurs dans l’équipe et je pense que l’on pourra nous voir sur toutes les courses et tous les terrains.

Justement, la médiatisation c’est l’un des principaux problèmes du cyclisme féminin. N’avez-vous pas l’impression que le cyclisme féminin est plus médiatisé en cyclo-cross qu’en route ? 

Oui, parfois, mais c’est surtout parce que nous avons le même calendrier que les hommes et que nos courses ont lieu juste avant. Du coup, les médias sont plus nombreux et s’intéressent un peu plus à nous. Si les médias viennent pour voir des Stybar, Nys ou Pauwels, ils sont forcément là pour nous et couvrent nos courses. Ce qui n’est pas souvent le cas sur la route… J’espère que ça va évoluer sur la route car le cyclisme féminin est vraiment d’un bon niveau et il y a de superbes courses qui valent le coup d’être regardées.

Selon vous, que faudrait-il changer pour que le cyclisme féminin soit plus populaire ?

Il faudrait prendre le modèle du cyclo-cross avec des courses féminines juste avant celles des hommes. Il y aurait ainsi plus de public et de médias. Après, je pense que ce qu’a fait Rabobank est très intéressant également. Avoir une équipe hommes et une équipe femme du même nom, c’est quelque chose qui va permettre aux équipes féminines d’avoir plus de notoriété et d’être de plus en plus professionnelles.

« J’aime ce que je fais, tout simplement »

On va revenir sur le plan sportif, quels seront vos principaux objectifs pour 2012 ?

Il me tarde vraiment de redevenir championne du Monde sur route. Ça fait deux années de suite que je suis battue et cette année ils auront lieu chez moi, aux Pays-Bas. Je vais travailler dur et essayer de progresser encore pour atteindre mon meilleur niveau sur ce rendez-vous. Après bien évidemment il aura les Jeux Olympiques, ça fait toujours rêver.

En plus du cyclo-cross, vous brillez donc sur la route et sur la piste avec la même réussite. Quel est votre secret ?

Il n’y a pas de secret, c’est l’entrainement. J’aime toutes les disciplines et je prends beaucoup de plaisir à les combiner. Je trouve qu’elles sont complémentaires et ça permet de ne jamais se lasser. J’aime ce que je fais, je prends plaisir à le faire et je crois que c’est l’une des choses les plus importantes pour réussir dans le cyclisme.

A 24 ans, vous avez-déjà presque tout gagné, comment faites-vous pour être toujours aussi motivée ?

J’aime ce que je fais, tout simplement. J’aime la compétition et j’essaye toujours de tirer le meilleur de moi même. Le plus important pour moi c’est d’être heureuse et de continuer à prendre du plaisir. Je pense que tant que j’aime ça, je serai performante et je serai toujours aussi motivée.

Avez-vous encore des rêves dans le cyclisme ?

On a toujours des rêves ! J’aimerais bien avoir une médaille d’or olympique et voir un jour un véritable Tour de France et Paris-Roubaix féminins avant la fin de ma carrière et pouvoir les ajouter à mon palmarès.

Propos recueillis par Alexandre ROLIN

Photos : Sirotti / Flickr / Anton Vos

En lire d’avantage sur Cyclism’Actu :

http://www.cyclismactu.net/news-interview-marianne-vos-laquo-il-n-y-a-pas-de-secret-raquo-21886.html#ixzz1kY0mt0QV


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