VELO CLUB DE CLAMECY UFOLEP
Frédéric Rostaing :

« Développer une culture de la gagne »

mardi 13 décembre 2011


posté par Pascal Bertho le 12/12/2011 à 21h04

 
 


 



Le 30 novembre dernier, l’équipe continentale La Pomme Marseille a été officiellement présentée à la suite de sa validation par la Ligue Nationale de Cyclisme Professionnelle. Le club marseillais, créé en 1974 par l’ancien coéquipier de Jacques Anquetil, Serge Bolley, accède donc au statut français pour son équipe continentale et ouvre ainsi une nouvelle page de son histoire. En effet, le projet soutenu par la Ville de Marseille, le Conseil Général des Bouches du Rhône et le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur va permettre, aux 10 coureurs qui composent l’effectif, sous la houlette de leur manager, Frédéric Rostaing et de leur directeur sportif Benoit Salmon, de briller. C’est donc dans ce cadre, que Frédéric Rostaing, en plein stage avec son équipe, au alentour de Marseille, a accepté de prendre quelques minutes de son précieux temps, pour répondre aux questions de Cyclism’Actu.





 


Frédéric Rostaing, vous avez fait l’actualité il y a quelques jours, puisque l’on a appris que vous aviez acquis la licence de la Ligue Nationale de Cyclisme Professionnelle pour la saison 2012. Tout d’abord, quel bilan tirez-vous de cette saison 2011 ?


C’est un bilan satisfaisant. Même avec un indice de performance relativement modeste, pour une première année, c’est un motif de satisfaction. On a eu six victoires cette année, avec la victoire de Julien Antomarchi sur la deuxième étape du Tour du Haut-Var, devant Thomas Voeckler. C’était une entrée en matière très importante pour nous. L’équipe termine au vingt-cinquième rang Europe Tour 2011, ce qui est très correct. Surtout, un très beau calendrier a été proposé à l’équipe pour sa première année, ce qui a permis une progression de l’effectif, avec la participation à de très belles épreuves en France, mais aussi à l’étranger, en Suisse, au Portugal et en Asie. C’était une première année riche en expérience et en satisfaction aussi.


Vous venez d’évoquer l’effectif de l’équipe ; celui de 2012 est composé de dix coureurs ?


Oui, on a à l’heure actuelle dix coureurs : huit coureurs français, un coureur letton et un coureur lituanien. Parmi les huit coureurs, il y a quatre nouvelles arrivées : Pierre-Luc Perichon, Yannick Martinez, Clément Koretzky et Grégoire Tarride.

« Une optique de formation »


Au sein de ces dix coureurs, y a-t-il quelques coureurs spécialisés, des rouleurs, des grimpeurs…


On a essayé de bâtir une équipe autour d’un collectif, avec bien sûr des coureurs qui ont un profil plus rouleur-sprinteur, puisqu’on sait que 80 % des courses aujourd’hui arrivent au sprint. Il était donc important d’avoir des coureurs compétitifs à ce niveau-là, capables de mener un train et d’effectuer un travail préparatoire. Dans ce profil-là, on a bien sûr Martinez, qui a connu plusieurs victoires en amateur sur la saison 2011, et qui a été stagiaire chez Ag2r-La Mondiale, et Benjamin Giraud, qui a connu la victoire sur de nombreuses courses l’année dernière. Après, d’autres coureurs sont aussi capables de tirer leur épingle du jeu dans des arrivées groupées, comme Mathieu Delarozière, Pierre-Luc Perichon ou Evaldas Siskevicius. D’autres coureurs ont un profil plutôt grimpeur-puncheur, comme Yohan Cauquil, ou Clément Koretzky, qui allie deux qualités : bien grimper et être rapide. Pour les courses très accidentées, on s’attachera à faire progresser sereinement Grégoire Tarride, qui a 21 ans en 2012, et qui a un certain potentiel.


Cet effectif, si on ne se trompe pas, est renouvelé à près de 40 %. Est-ce que cela peut vous faire craindre un manque d’expérience ?


Le vélo-club La Pomme-Marseille s’est toujours classé dans une optique de formation. Fatalement, chaque année, on perd nos meilleurs éléments. On doit renouveler une partie de l’effectif. On repart donc chaque année avec un point d’interrogation sur la compétitivité du groupe face à un niveau de compétition, mais c’est aussi notre rôle de le préparer correctement, et de faire en sorte que les coureurs puissent s’élever pour être au niveau de performance que l’on attend et auquel ils aspirent.


Dans l’avenir, vous envisagez de rester un club formateur, ou vous ambitionnez un changement de division ?


Aujourd’hui, l’équipe continentale s’inscrit dans le prolongement du vélo-club La Pomme-Marseille. Le niveau continental ne doit pas être une finalité pour un athlète. Aujourd’hui, notre structure a pour but de promouvoir nos coureurs et notre projet : un projet bâti autour de cette équipe professionnelle, avec une présence au niveau sportif de l’école de vélo jusqu’au niveau espoir, derrière l’équipe continentale. Les équipes juniors et cadets sont encadrés par des professionnels. On est présent sur le social : on éduque des gamins des écoles primaires, des collèges, des lycées, des centres sociaux à la pratique du cyclisme, des fondamentaux, et du respect du code de la route. C’est donc un projet très large, essentiellement régional. Notre défi aujourd’hui est donc la mobilisation des acteurs économiques et institutionnels de la région PACA autour de ce projet.

« On peut arriver à faire de belles choses »


L’objectif à court terme n’est donc pas d’accéder en continental pro ?


L’objectif à court terme est de travailler les fondamentaux, ce qui, on l’espère, nous amènera demain à nous développer. On a l’envie d’avancer, aujourd’hui comme toujours. L’envie d’être les meilleurs est ce qui nous permet d’être bons au quotidien. C’est ce que chaque sportif de haut niveau a en soi, et c’est quelque chose qu’on s’attache à cultiver dans notre structure.


Pour la saison 2012, quels sont vos ambitions, les courses sur lesquels vous souhaitez bien figurer ?


On a un calendrier, avec la licence française, qui va être plus français. On ne va s’autoriser que très peu de sorties à l’étranger. Le fil rouge est la Coupe de France, qui va être l’objectif prioritaire de l’équipe, et les Championnats de France. Pour une équipe comme la nôtre, avec des jeunes qui ont l’envie, il n’y a pas de petites courses. L’important est d’arriver à développer une culture de la gagne, ce qui n’est pas facile. Avec du travail et de l’abnégation, on peut arriver à faire de belles choses.


Vous aurez un coureur "leader" sur la Coupe de France ?


Les coureurs, aux profils différents, permettent de donner une certaine homogénéité au groupe. J’attends de voir ce que cela va donner en compétition.


Vous avez une belle équipe de partenaires techniques. Pouvez-vous en dire quelques mots ?


C’est vrai que c’est important d’avoir du matériel performant. On est une équipe émergente, et on a une envie d’évolution, donc il était important de se marier à des partenaires techniques qui ont la même philosophie. On a donc une relation privilégiée avec CKT, puisque les locaux sont juste à côté à La Ciotat. Le vélo-club et l’équipe sont un projet à identité régionale : sur nos huit coureurs, six sont de la région PACA. L’idée est donc de mobiliser les acteurs économiques et institutionnels de notre région. Dans ce registre-là, le fabriquant de roues Corima, qui se situe à Loriol-sur-Drôme, est partenaire du vélo-club La Pomme depuis cinq ans. Et tout récemment, Poli va confectionner l’habillement de l’équipe La Pomme-Marseille pour 2012. C’est important d’avoir des gens qui ont cette identité régionale.


Propos recueillis par Pascal Bertho



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